Têtes dans le Guidon - Classic Sport Leicht


Marie Lecoq a interviewé son mari pour le collectif « Têtes dans le guidon »: Nicolas Jambon Bruguier 40 ans, Classic Sport Leicht 10 ans. Amoureux et nostalgique d’un temps qu’il n’a pas connu, il a trouvé le moyen d’y aller, et de s’y faire une place. Nicolas déniche et restaure des classiques, essentiellement des 300 SL Mercedes (produites de 1954 à 1963).


Initié par les Ateliers Smokey Joe®, le collectif « TÊTES DANS LE GUIDON » dresse le portrait de « Gentlemen Racers » qui ont fermement décidé de confronter leur rêve à la réalité. Ils sont préparateurs, compétiteurs, collectionneurs ou simplement rouleurs mais partagent la passion commune des sports mécaniques et une certaine élégance dans la manière d'apréhender la route.


Le collectif est composé de Guillaume Lieutier (Les Ateliers Smokey Joe), Marie Lecoq (Auteur, Animatrice Radio), Renaud Marion (Photographe) et Jean-Sylvain Marchessou (Photographe)

Un gentleman racer c’est qui ? c’est quoi pour toi ? « Je pense au Marquis Alfonso de Portago, parce qu’on a une 300 SL ici, qui a fait le Tour de France auto avec Stirling Moss en 56, elle a fini seconde derrière la Ferrari de ce Marquis, c’était une espèce de playboy, noble, Espagnol, à qui tout réussissait, il faisait du Bobsleigh, du polo, de la natation et il s’était mis à courir sur des voitures. En très peu de temps il a eu de très bons résultats. Il est mort sur une course aux Mille Miglia en 57. Pour moi, un gentleman Racer si je le pense à cette époque là, c’est un type comme ça, à qui tout réussit, qui a un certain succès avec les femmes, qui est toujours très élégant et maîtrise aussi cet art de la course qu’on dit être le plus dur. On met sa vie en danger, il se passe quelque chose ! »


C’est important qu’il soit beau ? « C’est important qu’il ait une beauté oui. Pas beau forcement, mais tu vois c’que je veux dire, c’est important qu’il y ait une beauté, « gentleman » a à voir avec l’élégance et donc avec la beauté de la personne, les habits qu’il va porter, le vécu qu’il aura, et ses faits et gestes » (sourire)


Oui je vois ce que tu veux dire, Gainsbourg pourrait être un beau gentleman racer… « bien sûr !! et j’ai pas envie de parler de Steve M.Queen parce que c’est vu et revu….mais bon j’aurais bien aimé trouver quelqu’un de très pointu qui donne du style à cette interview » (rires)


Qu’est ce que tu faisais avant C.S.L ? « Je restaurais des vieux Scoot, des Lambretta…et avant ça, j’ai fait l’école hôtelière, puis j’ai été serveur pour payer mes cours de comédie, j’ai joué 33 fois Andromaque à Paris, dans le premier rôle, Pyrrhus, j’ai aussi fait de la régie pour monter des décors de spectacles, j’aimais bien parce que je bossais avec mes mains »


Est-ce que tu penses que la maquette de 300 SL qu’on t’as offert petit, a pu jouer un rôle ? « Ouuu euh…non (rires) je pense que c’est un heureux hasard, les patrons de Solido étaient des copains de mes parents, mais j’ai regardé sous la voiture et c’est une autre marque, donc je ne sais même plus qui me l’a offerte. En tout cas je me souviens très bien du moment ou je l’ai reçue à 7 ans, et aussi de l’avoir offerte à mon tour à Cyril, un copain d’enfance et quand j’ai commencé à faire des 300, des années plus tard, il est revenu avec, et m’a dit ‘tiens je te rapporte quelque chose qui a peut être besoin d’être chez toi maintenant’ mais je mentirais de dire que j’ai reçu ce cadeau, et que tout était tracé »


Comment est venue l’envie de te lancer ? « A 27 ans je n’avais plus de boulot, j’ai remonté entièrement un Lambretta pour me soigner, ne plus réfléchir, m’occuper, et accessoirement gagner un peu d’argent, c’est né par nécessité, au travers de quelque chose que je savais plus ou moins faire, puisque ado, j’en avais déjà fait d’autres. Les voitures c’est venu après un voyage à L.A ou j’avais pu remarquer que beaucoup de gens roulaient avec des anciennes. Là bas, c’est un réflexe naturel et j’ai trouvé ça très cool, tu connais mon côté nostalgique et mon goût pour les vieilles et jolies choses. J’ai eu ensuite l’occasion de récupérer une vieille Mercedes, juste pour le plaisir et j’ai finalement du la céder, mais j’ai pu la céder parce que je t’ai rencontré et que tu m’as dit ‘ t’inquiètes pas, t’en feras plein d’autres’…ça m’a libéré et puis tout ça est venu de toi, qui m’a boosté et donné confiance pour me lancer dans ce truc là, parce que je n’avais pas vraiment d’idée, d’envie de travail. Je pensais que le travail ça devait être dur et compliqué, tu m’as fait péter cette barrière, ça m’a aidé à me rendre compte que ça pouvait être une activité ludique, passionnante et surtout que je savais faire. Tu aimais ce que je faisais et tu m’as donné cette confiance là, qui est la base de tout pour moi, je ne pense pas que seul je me serais lancé corps et âme dans ce truc comme je l’ai fait» ( j’ai chaud Ndlr)


Tu aurais peut être fait comme le veut la tradition dans le midi et bossé dans les champs de bagnoles, les mecs les font pousser dans leur jardin les carcasses…et ils bricolent jour et nuit. « Ouais c’est vrai mais j’étais pas dans cette culture là, moi, si tu te rappelles bien, quand j’ai fait Gaspard (nom que l’on a donné au Lambretta Ndlr) et que je l’ai remonté pièce par pièce dans la chambre, le truc était démonté, à poil sur la moquette, et boulon par boulon j’étais déjà dans le délire de la précision, dans la restauration de qualité, alors que tous ces mecs là dans le sud, c’est un peu dans l’esprit Gitan; la caravane pour boire un coup, 40 bagnoles démontées, rappelle toi avec Christophe notre premier garage, c’était juste pas possible. (L’aventure a démarré à Cavaillon, on a pris un local avec un copain qui faisait de la bricole… J’ai laissé de côté la radio pour aider Nicolas à démarrer, et aussi retaper l’endroit, il débutait de belles restau, et Christophe a commencé à installer des bouts de voitures partout et…des caravanes dans le jardin Ndlr ). C’était sympa mais je pouvais pas travailler dans ce merdier là »


Tu parlais d’un scooter remonté dans la chambre…quels sont les avantages et les inconvénients à travailler à l’endroit où l’on habite ? « C’est un méga luxe, on a pas à prendre sa bagnole et à perdre du temps dans la circulation, on peut déjeuner rapidement, on peut remonter embrasser sa chérie; je vois nos enfants rentrer de l’école, je ne vois pas d’inconvénient, on pourrait dire que comme tout est au même endroit on y passe beaucoup plus de temps mais tout fini par s’équilibrer ».


Qu’est ce qui te rend parfaitement heureux ? « Cet équilibre là, de vie de famille, de quotidien; que j’ai appris à apprécier de plus en plus, et réussir à l’harmoniser avec cette passion qui m’a sauvé parce que j’étais un peu perturbé, un peu fragile. Ca m’a donné beaucoup, en terme d’image sociale mais surtout en plaisir de faire; et puis le luxe d’avoir crée cette situation là, et de te savoir en haut avec les enfants, d’avoir ce gros bateau qui tourne à notre sauce, ça me rend heureux »


Dans ton métier quelle est l’étape que tu préfères, la traque d’une voiture, la négo, les rencontres, la retape, le moment où elle s’en va ? « J’adore dénicher une voiture qui va avoir une histoire particulière, un détail oublié ou rare, quel que soit son état, j’adore ce sentiment au moment de la découverte, quand on va chez des gens, qu’on ouvre une porte, qu’on soulève une bâche. La retape, j’aime beaucoup. La partie restauration c’est celle qui m’équilibre, je ne peux pas me contenter de vendre, ça m’emmerde, et je ne peux vendre que les voitures que j’ai dans l’bide. J’adore les voitures dont l’histoire est palpable, visible, le cuir, un vieux macaron, des vieux documents, un historique en fait. J’adore aussi le démontage le décrassage, le dérouillage, jusqu’au remontage; je dirais que le moment ou l’on redonne vie, c’est l’étape qui me plait le plus. J’aime aussi vendre, quand le client se rend compte de ce qu’il vient chercher ici, qu’il rentre dans l’histoire avec moi et qu’il en est touché. La quasi totalité de mes clients sont devenus des amis; il y a un rapport qui se crée au delà du marchand et de l’acheteur; et les voir partir c’est un mouvement aussi naturel que lorsqu’elles arrivent, ça fait juste pleurer nos garçons. Après y’a des histoires particulières comme la voiture d’un client Anglais qu’on a gardée 8 ans…il est venu pour un petit truc, puis un autre, et au final on a fait une restau intégrale, bon là, ça nous a fait drôle quand elle est partie (rires).


On parlait de rencontres, moi ce qui me touche le plus c’est de voir la complicité que tu as avec des hommes qui ont parfois deux fois ton âge, et qui te font confiance, qui te respectent, qui te parlent d’égal à égal, je pense entre autres à d’anciens coureurs automobiles… « Ça me touche énormément d’autant que j’ai de l’admiration pour eux, Bernard Consten par exemple, qui a couru et remporté 5 fois le Tour de France Automobile, ce sont des gens qui sont directement liés à l’époque et d’une façon assez noble, il se passe une sorte de transmission»


Tu as sous les yeux la voiture et le mec qui a fait son histoire.. « Oui, c’est le rêve et d’autant plus que le mec est pour moi une légende vivante. Il y a Jean Wicky aussi qu’on adore et Monsieur Jean »


Il n’y pas pas ce rapport « écoute moi mon p’tit gars, ces bagnoles j’les connais bien », il y a de la tendresse pour toi… « Il y a l’interêt que j’ai pour leur histoire personnelle avec leur voiture, et le ressenti que j’ai de tout ça; ça nous lie, et puis on a une passion commune, la 300 SL »


J’ai la trouille de les voir partir parce qu’ils font vraiment partie de notre vie et de ton histoire… « Oui, moi aussi. Tu vois pour les voitures de Bernard, je me suis engagé à les lui vendre d’une certaine façon, et j’aurais pu les vendre depuis longtemps mais ça collait pas, il manquait des éléments affectifs, éthiques, et puis aussi par rapport au prix, des gens ne comprennent pas vraiment l’importance de ces voitures là. Elles ont atterri ici et je suis heureux parce que tout le monde les voulait ces deux 300 SL. Bernard a choisi de me faire confiance et je veux honorer cette confiance là »


Est ce qu’on t’as confié des secrets sur ces voitures ? « oui, il y a des choses que je ne divulgue pas parce que ce sont des secrets que j’ai glanés au cours de ces dix dernières années, ça me permet entre autres d’authentifier une voiture. Ce sont des secrets qui font partie de la transmission des anciens vers, peut être, ceux qui sont animés d’une passion sincère. En tout cas il y a des gens que ça ne va pas intéresser mais moi je suis dans les excès au niveau des détails et je peux passer des jours entiers sur des détails, on peut pas être bon si on est pas un peu allumé…de l’intérieur »


Tu es un bon pilote ? « J’ai envie de dire oui mais je crois que je ne suis pas un bon pilote, je dépasserais mes limites et je pourrais me mettre en danger. Bernard Consten m’a dit cette chose simple ‘le but c’est de rester sur la route’. En tout cas je maitrise mes voitures. Pour les essais, je suis raisonnable, mais je suis obligé de monter les voitures dans les tours, et quand c’est un 300 SL, il faut au moins monter à 170,180 km/h pour vérifier que tout fonctionne, je le fais sur un très court moment »


Ca monte à combien une Mercedes 300 SL ? « A l’époque ils la vendaient pour 270 km/h en fonction du rapport de pont installé, je dirais que ça fait entre 235 et 250 km/h. Je suis allé jusqu’à 220 km/h sur l’anneau de Montlhéry…on est bien collé ! »


Y’a t’il une route qui soit pour toi une petite poésie ? « J’aime la corniche de Nice à Menton, très James Bond, y’a du rêve; après il y a des routes plus simples dans le Luberon comme la combe qui va de Bonnieux à Lourmarin, le goudron est gris, vieux, et puis j’adore les bornes anciennes blanches et jaunes; il y a le Ventoux, mythique qu’on a fait en Lambretta ensemble par -12 en décembre, tu as adoré (rires), j’ai des photos géniales de la 300 SL de Stirling Moss durant le Tour de France auto au Ventoux. Et puis Mulholland drive ! »


La moto c’est un monde étranger ? « Non, dans le sens ou de plus en plus de gens aiment les motos anciennes et les motos personnalisées comme chez Fred et Hugo, alors il y a un état d’esprit commun, un style de vie»


Le détail que tu préfères dans tes autos ? « Le sigle 300 SL sur la malle arrière, c’est déjà une magie; j’adore les petites dates de production sur les jantes et tous les petits numéros cachés qu’on trouve pour identifier une voiture ça me plait. Dans un papillon j’aime bien quand on ferme la porte parce qu’on est comme dans un cockpit d’avion, j’aime faire hurler le moteur entre la 3ème et la 4ème parce que c’est un vrai fauve. Les aérations sur le toit qui ventilent l’habitacle, les ouïes de chaque côté comme celles d’un requin, les portes bien sûr; mais j’aime aussi beaucoup la pagode, c’est mon premier amour, c’est Paul Bracq un Français qui l’a dessinée avec un mec Polonais je crois, et c’est un coup de génie, on croirait qu’elle est toute rectangulaire, très carrée alors qu’elle n’est qu’arrondis, un vrai exercice de style, un objet de design et une voiture super fiable avec laquelle on peut rouler quasi quotidiennement. La 300 SL est beaucoup plus exclusive et très compliquée techniquement, elle a une valeur tellement importante aujourd’hui qu’on a pas la même sérénité que lorsqu’on conduit une pagode »


Un mot que tu détestes dans ton domaine ? « Saucisse »


Une idole ? «Belmondo le magnifique »


Une grosse tuile avec une voiture ? « Oui au début, avec une Volvo amazon break qui était magnifique, un motard m’est rentré dedans par l’arrière, j’allais la livrer, l’acheteur l’a prise quand même, elle était bien enfoncée!»


Quand on te complimente, quand tu te vois dans un journal, à la télé, j’ai l’impression que tu ne réalises pas ce que tu as fait, ton parcours, que ce soit allé si vite… « Ouais c’est vrai, je ne réalise toujours pas, à l’heure où tu me livres cette formidable interview (rires), je n’ai aucun recul, je n’y arrive pas, j’sais pas pourquoi, je peux même me faire impressionner par un type qui a dix fois moins que moi, entre guillemets, j’ai encore une forme de timidité. Mon rapport à ça il est est…Sain peut être ? «oui je pense qu’il est sain, peut être que je réaliserai plus tard »


Pour une belle restauration, le but n’est pas de mettre plein de pièces neuves ? « Non surtout pas, il y a des voitures dans leur jus qu’il ne faudra absolument pas toucher parce que justement elles sont dans leur origine, leur histoire. On fera alors de la préservation, ce mot là est hyper important. On va tenter de soigner, j’ai pas envie de dire réparer, de préserver au mieux l’état d’une peinture, d’un cuir, même de certains joints, comme celui de la malle arrière de la pagode, il y a la date de fabrication de la voiture dessus, et quand tu as le joint d’origine, il faut surtout pas le toucher. On va authentifier le degrés d’origine de la voiture et le maintenir au mieux de cet état. Il y a plusieurs degrés de restauration possible mais c’est un mot qui est tellement galvaudé, j’essaie de me tenir à sa définition la plus pure. A partir de toutes les pièces existantes de la voiture jusqu’au moindre boulon. Chez Mercedes par exemple il y a trois marques de boulonnerie et c’est ma grande hystérie en ce moment, je note toutes les marques de boulons, et l’endroit où ils se trouvent, sur 300 SL, tu as du Kammax, du Karro, du Verbus….Kammax on va retrouver ça sur le châssis et la carrosserie alors que Karro se trouvera sur des pièces plus techniques, moteur, boîte etc…Chaque boulon a une place bien spécifique, je ne jette aucun boulon et quand j’ai une voiture avec un boulon étranger, j’ai ma réserve de boulons d’origine. Tout doit être fait dans les règles. Le traitement des boulons ça me prend un temps fou, je vais le passer à la filière ou le tarauder si c’est un écrou, puis le microbiller et ensuite je le fais traiter pour le remettre à neuf, avec un traitement qui correspond à l’origine. Sur celle de Paul Newman qu’on restaure, il y a deux semaines juste pour la boulonnerie. Je veux travailler le moins possible avec du neuf, ce n’est pas la même qualité. Il faut de la pièce d’origine et surtout d’époque. Le « new old stock » c’est du stock ancien, resté neuf, fabriqué à l’époque par la marque, c’est ‘LA’ qualité originale mais c’est compliqué à trouver et c’est très cher, beaucoup plus que les pièces vendues aujourd’hui par Mercedes, pour la plupart produites par des sous-traitants et d’une qualité inférieure aux originelles, et d’une restau lambda à une restauration « N.O.S parts » tu peux passer du simple au double au niveau du prix »


Tu veux rester dans le même espace temps que l’objet d’origine… « C’est un peu excessif mais c’est ça le vrai travail de restauration et ça s’applique à tout. Il y a des codes couleurs spécifiques pour des parties qui ne se voient pas, traitement intérieur des tableaux de bord, soubassements, intérieur des jantes… et je travaille avec les codes exacts. Voilà c’est comme ça que j’envisage le truc, quitte à le faire, je veux le faire au top. J’adore Claude mon carrossier ( Delpippo Automobiles Ndlr), pour moi c’est le meilleur et il travaille dans la même exigence »


Se spécialiser dans une marque c’est emprisonnant ? « On peut penser ça de l’extérieur, mais non, et puis il m’arrive de vendre d’autres voitures, on a eu l’Aston Martin, l’Alfa, la Ferrari. J’ai mon confort avec ce que je fais là, je ne suis pas un fou de Mercedes moi; je suis un fou de quelques modèles. Les 300 SL par exemple, il y a eu 1400 coupés et 1858 roadsters, chaque voiture a une histoire, j’ai toujours l’impression de changer, et de continuer à en apprendre sur un sujet que je commence à bien maîtriser. Tu ne fais plus d’erreur et les gens le sentent. Et puis c’est très compliqué d’être généraliste, au même titre qu’un médecin »


Tu as des clientes, ton approche est-elle la même ? « J’essaie d’être toujours le même. Ce qui m’intéresse c’est d’avoir une relation de confiance, de conseiller. J’ai eu 2 clientes, et puis un homme qui a offert une pagode à sa femme pour ses 40 ans; tu as d’ailleurs choisi le jour de cette livraison surprise à St Tropez pour accoucher, j’avais dormi une heure et j’ai foncé pour la livrer, quelle histoire ! La veille t’étais encore en train de faire briller les chromes à la laine d’acier. Ce qui me dérange, ce sont les clients qui viennent avec leurs femmes qui s’ennuient mortellement; celles qui viennent avec plaisir ont vraiment leur mot à dire et leur avis m’intéresse »


La B.O de ton atelier ? « Avec Bernard mon motoriste, on se met Richard Hawley, et on part pour des journées qu’on ne voit pas passer »


Les meilleurs rendez-vous pour les classiques ? « J’aime beaucoup Rétromobile parce que pendant une semaine on voit toute la planète auto, on retrouve, on rencontre beaucoup de gens. On adorerait faire Goodwood mais dur de trouver le temps en Septembre, et je ferai la villa d’Este et Pebble Beach c’est incontournable dans mon domaine»


Ecolo? De plus en plus ! Je fais appel à une société qui retraite tous les déchets du garage, huile, dégraissant etc… A partir du moment ou l’on fait de la restauration, on l’est quelque part écolo, non?


Tes meilleurs souvenirs professionnels La Paul O’Shea, la Paul Newman et la Stirling Moss; dans cet univers là, avoir eu la chance et l’opportunité de pouvoir rentrer des voitures aussi importantes que ça historiquement. C’est même pas de la fierté, ça me donne de la légitimité, j’ai besoin de ça, être légitime à mes propres yeux.


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